Ecriture inclusive : le débat expliqué en 3 points (médians)

Le 20 novembre, Edouard Philippe a décidé de « bannir l’écriture inclusive des textes officiels« . Le feuilleton se poursuit…

Mais qu’est ce que c’est que ça, l’écriture inclusive ?

Vous avez été kidnappé et/ou séquestré dans une grotte isolée depuis cet été? PIRE ! Vous n’avez pas pu vous connecter à vos réseaux sociaux ces dernières semaines? C’est vraiment terrible.

Voici un petit résumé des derniers épisodes.

L’écriture inclu-quoi?

Tout commence avec la parution à la rentrée 2017 d’un manuel scolaire chez l‘éditeur Hatier. Quoi de plus normal ? Et bien,  l’ouvrage, « Questionner le monde », propose d’inclure davantage de personnalités féminines  (telles que Marie Curie). C’était loin d’être la priorité de nombreuses publications scolaires jusqu’ici.

Le manuel va plus loin : il propose aux enfants de féminiser les noms de métiers et la syntaxe, voire de découvrir la fameuse écriture inclusive

Déchaînant les passions, et provoquant toutes sortes de réactions évidemment légitimes et mesurées (je vous laisse apprécier ici, et ici, ou encore ici).

C’est pourtant simple : selon ses partisans, elle permettrait de rétablir la parité entre les hommes et les femmes en commençant par nettoyer notre vocabulaire et notre grammaire !

Chacun étant libre de décider si elle est utile ou non (ou encore, si c’est « un péril mortel »…), je me permets simplement de présenter cette écriture, et ce qu’elle souhaite changer dans notre langue.

· Faire disparaître les stéréotypes dès l’école : le masculin ne doit plus « l’emporter sur le féminin »

Un des aspects de cette écriture consiste à cesser d’enseigner la règle du « masculin l’emporte sur le féminin ». L’existence de cette règle grammaticale, présentée ici même sur le blog, mais également la façon de l’enseigner aux enfants est remise en cause. Il est clair que dite comme ça, la règle n’est pas trop trop 2017.

Il a également été proposé de remplacer complètement cette règle par une nouvelle : celle de l’accord de proximité.

Petit rappel => Pour éviter d’enseigner aux enfants que le masculin l’emporte sur le féminin dans la phrase « le livre et la robe sont bleus« , on propose de leur enseigner que l’adjectif « bleu » s‘accorde avec le nom le plus proche. Ce qui donnerait « le livre et la robe sont bleues« .

Pour le moment, cette règle n’est plébiscitée « que » par 314 membres du corps enseignant, mais elle pourrait faire son chemin dans les administrations.

· Adopter le point médian : la féminisation des fonctions, les grades et les métiers

Les partisans de l’écriture inclusive souhaitent davantage de parité dans les titres des fonctions ou des professions. Pourquoi n’utiliser que le masculin « par défaut »? Ne risque-t-on pas de réduire la visibilité des femmes qui les exercent?

Il est donc question de féminiser ces termes : on parlera désormais de « chercheuse », « d’écrivaine », etc. On notera que la Belgique (la Fédération Wallonie-Bruxelles, en tout cas) n’a pas attendu ces débats pour publier un guide de féminisation dès 2014 !

Pour aller plus loin encore, l’écriture inclusive permet d’utiliser les deux genres féminins et masculins dans certains cas: 

  • en énumérant les deux noms, accordés au masculin et au féminin : « les étudiantes et les étudiants »
  • en reformulant : « les personnes étudiant »
  • ou en utilisant un point médian, ou point milieu (·) permettant d’ajouter toutes les terminaisons possibles : « les étudiant·e·s ». Bien pratique pour se limiter à 140 caractères sur Twitter, mais pas vraiment prévu pour se lire à l’oral !

· Adopter de nouveaux termes, plus neutres

L’écriture inclusive vise enfin à laisser moins de place aux expressions indirectement genrées qui nous entourent.

C’est le cas par exemple des « droits de l’homme » (que l’on devrait déjà écrire Homme), qui tendent à devenir les « droits humains » afin d’éviter la discussion. Cela peut paraître anecdotique, mais le sujet est brûlant au sein de certains milieux, et certaines organisations, comme Amnesty International, ont déjà pris position.

 

C’est plus clair ? L’écriture inclusive n’a rien de très compliqué. Ce qui pose problème, ce sont les débats tumultueux qui l’accompagnent, et qui l’accompagneront encore pour un moment !

Vous avez donc encore un peu de temps avant d’adopter le fameux point médian (et de le trouver sur votre clavier : bon courage !). Et nous, rédacteur, rédacteure, rédacteures et rédacteurs, nous serons toujours là pour vous expliquer son actualité 🙂

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