Rédiger du contenu pour les nuls : règles de base

rédiger du contenu écrireAujourd’hui, je vous propose de reprendre brièvement les règles de base à connaître avant de rédiger du contenu pour le web. Que vous soyez rédacteur débutant, ou professionnel en difficulté pour rédiger vous-mêmes les pages de votre site, ces conseils sont pour vous !

Règle n°1 : attention aux fautes d’orthographe !

On ne plaisante pas avec l’orthographe. Rédiger du contenu avec des fautes, c’est un mauvais signe envoyé à votre lecteur. Cela peut passer pour un manque de professionnalisme ou de la nonchalance, car cela donne l’impression que vous n’avez pas accordé assez d’importance à votre site.

  • N’attendez pas la fin du texte pour vous relire. Prenez le temps de relire chaque paragraphe une fois écrit, tant que vous êtes encore dedans !
  • Une fois le texte fini, activez le suivi orthographique de votre CMS ou de votre page Word.

L’idéal : faites vous relire par une ou deux personnes pour éviter les fautes d’inattention !

rédiger du contenu orthographe

Règle n°2 : ne pas oublier qui est son lecteur !

Rédiger du contenu, c’est bien. Rédiger du contenu pour une personne définie, qui va le comprendre et le trouver intéressant, c’est encore mieux 🙂

Cela suppose bien sûr d’avoir défini au préalable cette personne-cible (on dit aussi « persona » dans le jargon). Une fois définie, il ne faut pas la perdre de vue.

Cela peut paraître bateau, mais on perd vite le fil au cours de la rédaction, surtout lorsque le sujet est un peu technique…Personnellement, je prends toujours quelques minutes après chaque paragraphe, pour me mettre à la place de mon lecteur.

Va-t-il trouver une réponse à sa question en lisant ces mots ? Va-t-il la trouver assez vite ?

Le contenu est-il compréhensible (pas trop technique ? pas trop lourd à la lecture ?) ?

Pas toujours facile de se mettre à la place de son lecteur ! Cela nécessite parfois une bonne dose d’empathie 🙂

Règle n°3 : rédiger du contenu court et pertinent

Rédiger du contenu pour le web, c’est adopter un style particulier ! Il faut rédiger pour un utilisateur pressé, qui ne passe que quelques secondes sur chaque site.

Si votre article de blog ou votre site répond à une question, le lecteur doit trouver la réponse dans les premières lignes, si possible en gras et avec quelques images ! 🙂 J’exagère, mais c’est l’idée.

De même, privilégier les phrases courtes, sans trop de connecteurs. Des paragraphes pas trop longs facilitent la lecture !

rédiger du contenu écriture

Règle n°4 : aérer le contenu

Encore une fois, le but est de faciliter la vie du lecteur et lui permettre de trouver son information en un seul coup d’oeil. Pour cela :

  • user et abuser des séparateurs entre les paragraphes et des bullet points pour mettre en lumière l’information,
  • ajouter des titres pour structurer le texte,
  • insérer des images d’illustration pertinentes,
  • etc.

rédiger du contenu structure

Voilà donc les règles de base pour rédiger du contenu facile à lire et à intégrer pour vos lecteurs. On ne parle pas encore de rédaction SEO, ni d’optimisation pour le web ! Cela fera l’objet d’un autre article dans cette série « Rédiger du contenu pour les nuls » 🙂

Avez-vous d’autres idées pour rédiger du contenu pour le web ? N’hésitez pas à m’en faire part en commentaire !

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Localisation ou traduction : quelle différence ?

localisation traduction différenceOn en entend parler de plus en plus, et pourtant il est parfois difficile de les différencier tant les deux notions sont proches ! Ne confondez plus : voici une présentation de ces deux techniques complémentaires…

Traduction : d’une langue à l’autre

On connaît tous la définition de la traduction : il s’agit de transposer un contenu d’une langue A à une langue B. C’est un procédé qui existe depuis la nuit des temps !

Bien entendu, la réalité est plus complexe. La transposition doit transmettre toutes les nuances souhaitées par l’auteur. L’objectif consiste à permettre au lecteur étranger de prendre connaissance du texte d’origine dans sa propre langue, comme s’il lisait l’auteur d’origine !

La traduction est un procédé linguistique utilisé dans des domaines multiples, du marketing au juridique, en passant par l’économie et le tourisme.

localisation traduction français

Localisation : d’une culture à l’autre

La localisation est un concept plus récent que la traduction. Il s’agit toujours de transposer un contenu dans une langue déterminée, bien sûr, car la localisation ne saurait exister sans la traduction !

On y ajoute cependant une difficulté : il faut l’adapter à la culture de la personne qui en est destinataire.

Autrement dit, il s’agit de traduire, tout en intégrant une dimension culturelle très importante. Le but étant bien sûr de pouvoir :

  • Etre compris par le destinataire (dans sa langue)
  • Etre intégré par le destinataire comme étant un contenu rédigé dès l’origine dans sa propre langue : il doit lui apporter les nuances et les précisions contextuelles qu’il trouverait dans sa langue
  • Bonus : la localisation d’un contenu rédigé pour le web permet en plus certains avantages relatifs au référencement naturel…

localisation traduction web

Un exemple concret de localisation : votre boutique en ligne

Vous disposez d’un contenu pour votre boutique en ligne. Jusqu’ici, vous vendiez des produits destinés à un public anglophone situé au Royaume-Uni. Vous souhaitez étendre votre activité à un autre pays, par exemple la France, et son public francophone.

Bien sûr, il va falloir faire traduire ce contenu en français : le titre du produit, la description détaillée, ses caractéristiques, etc. Ainsi, il pourra être compris par votre marché-cible francophone. Néanmoins, certains éléments ne pourront être appréhendés convenablement s’ils ne sont que traduits. C’est le cas par exemple :

  • des dimensions, si le système métrique n’est pas adapté au système français (en mètre, en centimètre, en litre, en gramme, etc.)
  • du vocabulaire général ou technique
  • des devises utilisées (en livre sterling ou en euro !)
  • Etc.

La localisation dans un sens plus large consiste également à adapter un contenu de manière technique notamment. Il peut s’agir de choisir une plateforme de diffusion plus populaire dans une autre zone géographique : certains réseaux sociaux sont plus utilisés dans une certaine partie du monde, certains moyens de paiement sont privilégiés par rapport à d’autres dans certains pays européens, etc.

Vous le voyez, la localisation est donc très différente de la traduction ! C’est pourtant un procédé linguistique de plus en plus utilisé aujourd’hui, avec le développement du web – et notamment du web marketing…

Localisation et référencement naturel : le combo gagnant

Les amateurs de SEO (system engine optimization, ou référencement naturel) le savent bien : pour plaire aux moteurs de recherche et optimiser la visibilité de son site internet, il faut se plier aux règles de base du SEO.

localisation traduction seo

Parmi un millier de critères différents, il est très important de ne pas utiliser de contenu traduit par un système de traduction automatique, sans le localiser ! Ce contenu présente deux risques pour la visibilité de votre site web :

  • vos futurs clients (en France, si l’on reprend notre exemple) risquent de ne pas vous trouver en cherchant les mots-clés qui les intéressent. La machine de traduction risque de traduire littéralement des mots, sans vérifier leur pertinence et leur cohérence. Les mots-clés doivent eux aussi parfois être localisés.
  • les moteurs de recherche n’apprécient pas le contenu traduit automatiquement, car il est potentiellement disponible à un autre endroit du web.

Enfin, n’oubliez pas qu’écrire pour le web, ce n’est pas seulement écrire pour Google, mais bien pour votre public ! Ils apprécieront d’autant plus un texte écrit pour eux, dans leur langue, et faisant référence à leur propre culture. Ils trouveront plus facilement votre site grâce à leurs mots-clés, et ils passeront davantage de temps à lire vos contenus. C’est encore la meilleure technique d’optimisation  !

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7 qualités indispensables du rédacteur web

qualités indispensables du rédacteur web numériqueTendance, et pourtant très récent, le métier de rédacteur web attire beaucoup de candidats, pour peu d’élus ! Voici 7 qualités indispensables du rédacteur web, dont tout le monde ne dispose pas !

1. Etre curieux

C’est pour ainsi dire la qualité maîtresse d’un bon rédacteur web. Ce dernier doit être capable de jongler avec tous les sujets ! D’un sujet touristique à un sujet juridique, en passant par un article sur la rénovation ou sur la puériculture !

Et comme on ne peut bien sûr pas tout savoir, il faut être prêt à chercher l’information, parfois très profondément 🙂 En étant curieux, c’est plus facile, car tout devient intéressant, et on finit par avoir soi-même envie de trouver la réponse à la question posée.

2. Etre polyvalent

Rédacteur web, on est d’accord, cela consiste à rédiger des contenus. Mais sa tâche est loin de se limiter à ça !

Au contraire, qui dit « web », dit souvent « site web », ou « CMS »…et bien sûr « optimisation du référencement » ou « SEO » ! On vous demandera régulièrement de mettre en forme votre texte brut, pour l’adapter directement dans le site ou le CMS utilisé. Cela requiert donc certaines compétences (pas celles d’un développeur, quand même !) : solides bases en SEO, en HTML voire en CSS.

qualités indispensables du rédacteur web cms

 

Il faut parfois prendre les devants, et contacter directement son client, afin de demander des précisions, ou pour être certain de bien s’adapter à sa demande. Bref, vous devez savoir tout faire 🙂

3. Aimer écrire

Je me rappellerai toujours du moment où j’ai annoncé à mes parents que je voulais suivre une filière littéraire (bac L, à l’époque). Franchement, je ne me voyais pas faire autre chose, j’aimais trop les langues étrangères et la littérature ! Ma mère s’est arrêtée et elle m’a demandé : « Ok, mais est-ce que tu aimes vraiment écrire ? « .

Je me souviens avoir répondu « Oui ! ». Je me repose régulièrement la question, pour être sûre. Quand je rédige un billet de blog, une commande pour un client, quel que soit le sujet. Et je suis toujours capable de répondre : « OUI. » J’adore ça.

Pour être un bon rédacteur web, je pense qu’il faut disposer de ce type de qualités indispensables. On ne peut pas passer sa journée à faire des recherches, à creuser, à construire un plan, et à rédiger sans aimer ça !

qualités indispensables du rédacteur web écrire

 

4. Etre excellent en orthographe et en syntaxe

Pas de mystère. Pour rédiger un contenu de qualité, qui puisse à la fois informer et témoigner d’une bonne image , il faut maîtriser l’orthographe et la syntaxe. PARFAITEMENT.

Autant être clair, il est impossible d’élaborer une stratégie de communication sans pouvoir aligner deux mots sans fautes…Cela donne une très mauvaise image, cela fait de vous quelqu’un de peu professionnel, et cela agace beaucoup de monde.

5. Avoir l’esprit de synthèse

Ecrire sur des sujets techniques, ou tout simplement originaux (ex : les aiguilles à tricoter circulaires, si vous êtes un rédacteur spécialisé dans le BTP) nécessite un bon esprit de synthèse. Vous allez devoir réunir une quantité très importante d’informations en un court laps de temps. Il va sans dire que vous n’avez que peu de temps pour tirer de cette manne d’information un texte court, concis et agréable à lire.

L’esprit de synthèse, par chance, n’est pas toujours une qualité innée ! Elle peut s’apprendre et s’exercer au fil du temps.

6. Etre un bon freelance : être réactif et autonome

Les rédacteurs web sont souvent des travailleurs indépendants (mais pas toujours !). Si c’est le cas, des qualités applicables aux freelances sont également valables pour cette profession.

Etre réactif est un atout ! Cela permet de réagir rapidement et efficacement à une demande d’un client. C’est toujours très apprécié, et c’est un signe de professionnalisme.

Enfin, l’autonomie est l’une des qualités indispensables du rédacteur web : il doit pouvoir gérer lui-même les imprévus et régler les soucis (de mise en page par exemple).

qualités indispensables du rédacteur web polyvalent

7. Avoir une certaine empathie

Le rédacteur web écrit pour un public déterminé. A chaque phrase couchée sur le papier (mettons, sur son clavier), il doit pouvoir visualiser sa cible. Il doit pouvoir vérifier que chaque article lui est bien destiné, afin d’employer le ton adapté et de répondre au mieux à une question posée.

Que souhaiterait savoir ce client ? Quelles questions se poserait-il ? Il faut pouvoir se mettre à sa place !

 

Une autre qualité en tête ? Partagez-la avec nous en commentaire !

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Traducteur, interprète, post-éditeur…qui fait quoi ?

On a tous un « ami traducteur ». Oui, cet ami, qui « traduit » du guatémaltèque vers le suédois lors de conférences internationales. Ou cet ami, qui « traduit » des livres pour enfants, mais lui il travaille depuis chez lui (la chance !). Ou encore cet ami, là, qui « traduit » des quantités astronomiques de contenu web, à raison de 5000/6000 mots par jour…

En réalité, ces trois métiers n’ont rien à voir.

D’abord, il y eut l’interprète…

La mission

Historiquement, je suppose que la première profession créée fut l’interprète, bien avant le traducteur. Tout simplement parce qu’on a d’abord eu besoin de se comprendre à l’oral, avant de se comprendre à l’écrit (l’écriture n’étant apparue qu’il y 6000 ans, si vous vous rappelez encore de vos cours d’histoire :-)).

Le boulot de l’interprète, c’est justement ça : écouter un contenu dans une langue A (disons, le guatémaltèque), et le retransmettre dans un langue B, plus ou moins spontanément.

C’est donc une profession orale, qui nécessite une réflexion intense et une capacité de mémorisation impressionnante. Clairement, il ne suffit pas de « parler » deux langues différentes.

Les professionnels de l’interprétariat sont longuement formés, dans des écoles spécialisées, et pratiquent cet art au quotidien.

Un métier à différentes facettes

Il existe trois catégories d’interprètes, très différentes les unes des autres :

  • L’interprétation consécutive : l’interprète écoute un  discours pendant quelques minutes. Puis l’orateur s’arrête, et l’interprète retransmet le discours prononcé dans l’autre langue. Cela nécessite souvent une bonne prise de notes pour ne rien oublier !
  • L’interprétation simultanée (souvent en conférence) : l’interprétation a lieu en même temps que le discours prononcé par l’orateur. L’interprète est souvent installé dans une cabine insonorisée, et communique dans un micro à destination de personnes dotées d’un casque adapté dans la salle. Elles peuvent ainsi suivre le discours dès l’instant où il est prononcé dans la langue d’origine. Le top du top.
  • Le chuchotage : c’est un type d’interprétation simultanée, car l’interprète retransmet le discours en même temps qu’il est prononcé. Pas de cabine, ni de casque en intermédiaire : l’interprète « chuchote » directement à l’oreille de la personne réceptrice du message (le plus souvent une personnalité haut placée, disons par exemple, un chef d’état :-)).

Intéressé par ce domaine ? Vous trouverez ici les conditions d’accès à ce fabuleux métier !

Puis vint le traducteur…

La mission

Le boulot du traducteur : transposer un document écrit (tout type de document, de la recette de cuisine au dernier prix Goncourt, en passant par le contrat juridique) d’une langue A vers une langue B.

Le traducteur est donc un métier qui se pratique à la maison, ou assis à un bureau. Il n’a en principe besoin que d’un ordinateur, d’un bon dictionnaire bilingue et de plusieurs Bescherelles pour exercer sa profession (c’est déjà pas mal !). Il utilise parfois les services d’un logiciel de traduction assistée par ordinateur (TAO), dont nous avons déjà parlé.

Littérature ou business ?

Quand on pense à « traducteur », on pense en premier lieu à un traducteur littéraire. Plongé dans les derniers best-sellers de la littérature étrangère, il a le privilège de les traduire pour le plaisir du grand public.

La réalité : les traducteurs littéraires sont des « élus », une poignée de professionnels (très chanceux :-)) dans le monde de l’édition. La plupart des traducteurs préfèrent se reporter sur d’autres secteurs.

Ils sont souvent à leur compte, mais cela n’est pas une généralité. Il existe aussi des traducteurs salariés dans des agences de communication, de traduction, ou encore dans des administrations publiques (là encore, des chanceux !).

Pour percer dans le métier, il vaut parfois mieux se spécialiser dans des secteurs de pointe, par exemple, dans le médical, le juridique, ou encore le marketing. Tout est possible !

Intéressé par ces missions ? Vous trouverez ici les conditions d’accès à ce fabuleux métier !

Et enfin, plus récemment, le post-éditeur…

Le post-éditeur est apparu bien plus récemment, et pour cause : sa profession ne repose que sur l’existence d’une machine de traduction.

La mission

traducteur langue

Le post-éditeur est un type de traducteur très particulier : il est chargé de reprendre le texte pré-mâché, ou plutôt pré-traduit par une machine, pour l’embellir et le polir jusqu’à ce qu’il puisse passer

pour un texte traduit par une personne.

Sa tâche emprunte beaucoup à celle du réviseur, puisqu’il a pour mission de revoir un contenu déjà traduit (avec plus ou moins de réussite).

L’avenir du traducteur ?

La post-édition  révolutionne aujourd’hui le marché de la traduction, c’est certain. Quand à savoir si elle remplacera un jour le métier de traducteur (humain, je veux dire), c’est plus difficile à dire.

Le but premier de la post-édition, c’est de traduire plus rapidement des énormes (je dis bien ENORMES) volumes de mots, à un prix moins élevé. Evidemment, pour que cela soit efficace, le contenu doit également avoir un vocabulaire plus limité, nécessitant un capacité d’analyse moins importante.

C’est typiquement le cas du contenu des sites de commerce en ligne. Ces entreprises ont un besoin croissant de traduire des volumes pharaoniques de descriptions de produits, dans le plus grand nombre de langue possible, pour toucher un maximum de client. Ces descriptions ne sont ni complexes, ni élaborées : elles doivent seulement être exactes (pour éviter les poursuites – vice de conformité), répondre aux exigences locales du consommateur final (c’est la localisation), et être compréhensible par le client.

Sacré challenge, dont on reparlera bientôt, puisque c’est une tâche qui m’occupe beaucoup en ce moment 🙂

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Ecriture inclusive : le débat expliqué en 3 points (médians)

Le 20 novembre, Edouard Philippe a décidé de « bannir l’écriture inclusive des textes officiels« . Le feuilleton se poursuit…

Mais qu’est ce que c’est que ça, l’écriture inclusive ?

Vous avez été kidnappé et/ou séquestré dans une grotte isolée depuis cet été? PIRE ! Vous n’avez pas pu vous connecter à vos réseaux sociaux ces dernières semaines? C’est vraiment terrible.

Voici un petit résumé des derniers épisodes.

L’écriture inclu-quoi?

Tout commence avec la parution à la rentrée 2017 d’un manuel scolaire chez l‘éditeur Hatier. Quoi de plus normal ? Et bien,  l’ouvrage, « Questionner le monde », propose d’inclure davantage de personnalités féminines  (telles que Marie Curie). C’était loin d’être la priorité de nombreuses publications scolaires jusqu’ici.

Le manuel va plus loin : il propose aux enfants de féminiser les noms de métiers et la syntaxe, voire de découvrir la fameuse écriture inclusive

Déchaînant les passions, et provoquant toutes sortes de réactions évidemment légitimes et mesurées (je vous laisse apprécier ici, et ici, ou encore ici).

C’est pourtant simple : selon ses partisans, elle permettrait de rétablir la parité entre les hommes et les femmes en commençant par nettoyer notre vocabulaire et notre grammaire !

Chacun étant libre de décider si elle est utile ou non (ou encore, si c’est « un péril mortel »…), je me permets simplement de présenter cette écriture, et ce qu’elle souhaite changer dans notre langue.

· Faire disparaître les stéréotypes dès l’école : le masculin ne doit plus « l’emporter sur le féminin »

Un des aspects de cette écriture consiste à cesser d’enseigner la règle du « masculin l’emporte sur le féminin ». L’existence de cette règle grammaticale, présentée ici même sur le blog, mais également la façon de l’enseigner aux enfants est remise en cause. Il est clair que dite comme ça, la règle n’est pas trop trop 2017.

Il a également été proposé de remplacer complètement cette règle par une nouvelle : celle de l’accord de proximité.

Petit rappel => Pour éviter d’enseigner aux enfants que le masculin l’emporte sur le féminin dans la phrase « le livre et la robe sont bleus« , on propose de leur enseigner que l’adjectif « bleu » s‘accorde avec le nom le plus proche. Ce qui donnerait « le livre et la robe sont bleues« .

Pour le moment, cette règle n’est plébiscitée « que » par 314 membres du corps enseignant, mais elle pourrait faire son chemin dans les administrations.

· Adopter le point médian : la féminisation des fonctions, les grades et les métiers

Les partisans de l’écriture inclusive souhaitent davantage de parité dans les titres des fonctions ou des professions. Pourquoi n’utiliser que le masculin « par défaut »? Ne risque-t-on pas de réduire la visibilité des femmes qui les exercent?

Il est donc question de féminiser ces termes : on parlera désormais de « chercheuse », « d’écrivaine », etc. On notera que la Belgique (la Fédération Wallonie-Bruxelles, en tout cas) n’a pas attendu ces débats pour publier un guide de féminisation dès 2014 !

Pour aller plus loin encore, l’écriture inclusive permet d’utiliser les deux genres féminins et masculins dans certains cas: 

  • en énumérant les deux noms, accordés au masculin et au féminin : « les étudiantes et les étudiants »
  • en reformulant : « les personnes étudiant »
  • ou en utilisant un point médian, ou point milieu (·) permettant d’ajouter toutes les terminaisons possibles : « les étudiant·e·s ». Bien pratique pour se limiter à 140 caractères sur Twitter, mais pas vraiment prévu pour se lire à l’oral !

· Adopter de nouveaux termes, plus neutres

L’écriture inclusive vise enfin à laisser moins de place aux expressions indirectement genrées qui nous entourent.

C’est le cas par exemple des « droits de l’homme » (que l’on devrait déjà écrire Homme), qui tendent à devenir les « droits humains » afin d’éviter la discussion. Cela peut paraître anecdotique, mais le sujet est brûlant au sein de certains milieux, et certaines organisations, comme Amnesty International, ont déjà pris position.

 

C’est plus clair ? L’écriture inclusive n’a rien de très compliqué. Ce qui pose problème, ce sont les débats tumultueux qui l’accompagnent, et qui l’accompagneront encore pour un moment !

Vous avez donc encore un peu de temps avant d’adopter le fameux point médian (et de le trouver sur votre clavier : bon courage !). Et nous, rédacteur, rédacteure, rédacteures et rédacteurs, nous serons toujours là pour vous expliquer son actualité 🙂

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Grammar Wars : pourquoi le masculin l’emporte toujours en 2017

Mardi 7 novembre 2017. Quelques 314 « enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère » déclarent qu’ils n’enseigneront plus la règle grammaticale controversée dite du « masculin l’emporte sur le féminin« .

Contrairement à ce que l’on peut penser à la première lecture, cette règle n’est pas en lien direct avec l’écriture inclusive, autre tendance grammaticale de 2017, qui fera l’objet d’un autre article sur ce blog.

Que dit cette fameuse règle ?

« Le masculin l’emporte sur le féminin » traduit en des termes simples le principe grammatical suivant : lorsque l’adjectif se rapporte à plusieurs noms de genres différents, il se met au masculin pluriel (cf. Bescherelle, La Grammaire pour tous, éd. Hatier, 2015).

Exemple : un pantalon et une robe bleus.

Bien que la robe soit un mot féminin, le masculin l’emporte toujours, et l’adjectif s’accordera toujours au masculin. Et cela vaut également en présence d’une majorité !

Exemple : un pantalon et trois robes bleus.

Pourquoi ? Et bien, parce que. 

Aujourd’hui, cette règle est remise en cause par ces 314 professeurs, et par de nombreux militants, plus ou moins féministes, avant eux. Parce qu’elle est tout à fait arbitraire, parce qu’elle résulte d’une volonté politique à l’origine très subjective, et surtout parce qu’elle véhicule une représentation des genres franchement désuète.

Les raisons de la colère

Les « profs en colère » invoquent dans leur manifeste 3 raisons principales :

  1. Cette règle est très récente

Elle a en effet été adoptée au XVIIIème siècle, alors qu’auparavant, on utilisait d’autres méthodes d’accord (telles que l’accord par proximité, cf. ci-dessous).

2. Ses auteurs n’étaient pas très objectifs

Pourquoi décider subitement que « le masculin l’emporte » ? La raison est très clairement exprimée par Nicolas Beauzée, un linguiste (et Académicien…) du XVIIIème siècle. Je vous laisse apprécier.

« Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. »

Comme quoi, tout ce qui est récent n’est pas nécessairement moderne…

3. Elle véhicule une certaine représentation du genre

L’idée véhiculée par cette règle très imagée du « masculin l’emporte sur le féminin » est bien sûr celle que M. Beauzée et ses contemporains avaient en tête. Elle suppose une évidence pour eux, à savoir que la femme est forcément moins bien, moins forte et moins qualifiée que l’homme.

Comment continuer à enseigner cette règle telle qu’elle est, tout en éduquant en parallèle les enfants à l’égalité hommes-femmes ? Comment défendre cette égalité, alors que la grammaire, inculquée aux enfants dès la primaire, reconnaît elle-même une supériorité d’un genre sur l’autre ?

Sans verser dans le militantisme féministe, les professeurs expliquent objectivement leur décision. Ils offrent même une alternative pour combler le retrait de la règle.

La règle est morte ! Vive la règle !

Il est évident qu’on ne peut pas vraiment « annuler » la règle sans la remplacer par autre chose. La nature, et encore plus la grammaire française, a horreur du vide.

En l’occurence, 3 alternatives sont proposées pour remplacer la vieille règle. Je vous propose une lecture simplifiée :

Règle de proximité

C’est la règle qui était en vigueur avant le XVIIIème siècle. En latin ou en grec, voire en vieux français, on accordait l’adjectif avec le nom le plus proche. S’il était féminin, il était féminin, s’il était masculin, il était masculin. Rien de plus objectif !

Exemple : un pantalon et une robe bleues.

Exemple : une robe et un pantalon bleus.

Accord de majorité

C’est une règle qui ravira les mathématiciens qui me lisent ! Cet accord consiste à compter les noms en lice, et à décerner le trophée de l’accord au vainqueur numériquement supérieur.

Pas clair ? Et pourtant, c’est si simple :

Exemple : trois pantalons et une robe bleus.

Exemple : trois robes et un pantalon bleues.

Accord au choix

Comme son nom l’indique, cet accord suppose que vous choisissiez vous-mêmes l’accord que vous préférez.

Moi, par exemple, j’ai envie de mettre du masculin aujourd’hui, parce que pourquoi pas.

Exemple : Je porte un pantalon et une blouse bleus.

Mais demain, j’aurai certainement envie de l’inverse.

Exemple : Je porte un pantalon et une blouse bleues.

L’avenir nous dira si l’Education Nationale abonde dans le sens de ces 314 profs rebelles ; en attendant, je vous propose de voir laquelle vous convient le mieux.

PS : Si le sujet vous intéresse, je vous propose de prendre connaissance de l’article très complet du Monde, publié en 2012.

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Nouvelles traductions en ligne !

Vous pouvez retrouver mes derniers projets de traduction en ligne sur le site de l’UNESCO :

Le Canada réhabilite la science au gouvernement

Des missions plus ciblées pour des fonds pour l’innovation

Comment l’Union Européenne accroît son influence grâce à la diplomatie scientifique

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Une histoire de majuscule, avec un grand H

La majuscule est une lettre de grande taille (contrairement à la minuscule, forcément), permettant de marquer le premier mot d’une phrase, un nom propre, ou parfois d’accentuer un mot.

Facile. On sait tous ce qu’est une majuscule.

Ok, mais savez-vous toujours bien l’utiliser ? Comment faire la différence entre l’Histoire et l’histoire, les droits de l’homme ou les droits de l’Homme ? Faut-il mettre une majuscule au peuple français, à la langue française, ou tout simplement aux Français ?

La majuscule, une lettre avec un grand L

On pourrait s’étendre très longtemps sur l’histoire de la majuscule, en revenant aux origines, à l’époque où l’on écrivait QUE en majuscule, puis à celle où le papier coûtait trop cher pour se permettre une perte de place, et enfin à celle où il fallait quand même marquer le début de la phrase et les noms propres. Un petit résumé de cette histoire peut être consulté juste ici.

Bref, en français, la majuscule a deux buts essentiels : le premier, c’est de marquer le début de la phrase, après les points, les points d’exclamation et d’interrogation.

=> Je veux marquer le début de ma phrase !

=> Après un point-virgule, on ne met pas de majuscule ; la phrase n’est pas terminée.

Le second, c’est de marquer les noms propres : les prénoms, les noms de famille, les noms de ville, de pays, etc. Certains titres honorifiques en prennent, mais pas les noms de métier/fonction.

=> Mon avocat vit à Paris, il s’appelle Paul Durant

=> Le Roi n’est pas d’accord avec le Premier ministre, qui lui-même n’est pas d’accord avec le président de la République.

Celle-ci était plus dure…ministre étant une fonction, il ne prend pas de majuscule, mais Premier, oui, car il marque la spécificité de ce ministre. Le président est encore une fonction, donc il n’en prend pas non plus, mais la République en mérite bien une !

Attention, il arrive que des noms propres deviennent des noms communs, et perdent leur majuscule : c’est le cas lorsque vous mangez un camembert (c’est une ville à l’origine !), par exemple.

Le sixième sens

La majuscule a d’autres utilités, comme celui de donner du sens ou un contexte aux mots qu’elle débute.

C’est le cas lorsque l’on parle de l’Histoire avec un grand H. On parlera d’une histoire pour quelque chose qui se raconte sans déférence, une histoire drôle, une histoire du quotidien. On parlera en revanche d’un personnage entrant dans l’Histoire, celle que l’on se raconte avec admiration et respect, que l’on apprend à l’école et qui se transmet au cours du temps.

La différence est subtile ? Non, pas tant que ça !

Un exemple d’illustration très connu est celui du savant allemand :

=> un savant allemand : cette personne est d’abord savante, et on ajoute qu’elle a la nationalité allemande.

=> un savant Allemand : cette personne est d’abord allemande, et on ajoute qu’elle était savante, accessoirement.

Un autre exemple, plus politisé celui-là, est celui des droits de l’Homme : parler de droits de l’homme, c’est indiquer que seuls les personnes de genre masculin ont ces droits, tandis que les droits de l’Homme impliquent que c’est toute l’Humanité qui en dispose (on inclut donc…les femmes!). Afin d’éviter cette nuance, certaines organisations préfèrent utiliser la notion plus « inclusive » de droits humains. Mais c’est un autre débat

C’est d’ailleurs dans cette optique, par ce besoin de différencier les sens des mots et leur fonction dans la phrase que l’allemand et le luxembourgeois conservent cette particularité (pourtant contestée, comme on peut le lire dans cet article).

Les Français parlent le français avec leurs amis français

En français, la différence de sens ressort particulièrement lorsque l’on utilise des gentilés ou des adjectifs tirés d’un pays ou d’une langue.

Gentilés ?

Un gentilé est le nom que l’on utilise pour qualifier un habitant d’un ville, d’un pays ou d’une région : il sert à désigner l’origine de la personne.

=> une personne habitant Paris est un parisien : parisien est un gentilé.

On dira donc qu’un « navire anglais a accosté en France« , et que « son commandant parlait en allemand« , mais que « les Norvégiens qui étaient à bord ne le comprenaient pas ».

Pour faire simple :

  • le gentilé adjectif prend une minuscule : c’est un adjectif tiré du nom du pays, il n’a pas à prendre de majuscule. C’est ainsi que l’on écrit « un navire anglais« .
  • le nom de la langue parlée dans le pays prend aussi une minuscule. Le commandant parle donc bien allemand, sans majuscule.
  • EN REVANCHE, le gentilé nom (le nom du peuple) prend toujours une majuscule : c’est le cas de nos Norvégiens, qui sont ici un nom définissant des personnes.

Cette sombre histoire de majuscules constitue peut-être un détail pour beaucoup d’entre nous, mais pour d’autres, elle peut vouloir dire beaucoup. C’est le cas de nos voisins néerlandophones ou anglophones, qui ont tendance à préférer les majuscules aux minuscules, quitte à en mettre…partout.

Dans ces langues, il est d’usage de mettre une majuscule aux jours de la semaine, aux mois, aux gentilés, et surtout aux langues parlées. Là où un Français écrira « Je parle français », l’Anglais préfèrera « I speak English » et le Néerlandais « Ik spreek Engels ». Pas toujours facile de s’y retrouver entre les différentes langues !

 

BoN CouRaGe !

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Logiciel de traduction : gadget ou nécessité ?

Aujourd’hui, un petit point sur le logiciel de traduction, ou de Traduction Assistée par Ordinateur (TAO), pour les connaisseurs. Certains traducteurs utilisent des logiciels pour faciliter leur recherche terminologique, ou pour gagner du temps. Ces logiciels sont-ils vraiment utiles ? Ou sont-ils seulement un gadget hors de prix ?

Logiciel de traduction : quésaco ?

Je précise peut-être déjà à ce stade qu’un logiciel de traduction n’est PAS un outil de type Google Trad...il ne s’agit pas d’entrer un texte, et d’attendre qu’il en sorte « traduit » (toute personne ayant déjà essayé l’outil comprend pourquoi je mets des guillemets).

On parle ici des logiciels dits de TAO (traduction assistée par ordinateur), du plus simple au plus complexe, du gratuit au payant (voire très très payant $$$). Ces logiciels sont des systèmes multi-tâches, qui permettent notamment de transformer le texte source en un amas de segments (=phrases), d’aider à la traduction en proposant des termes  issus d’une mémoire préalablement enregistrée, de retenir chaque terme nouvellement traduit en vue d’une prochaine traduction similaire et vérifier simultanément l’orthographe et la syntaxe du texte traduit.

Et cerise sur le gâTAO (les traducteurs sont des gens très drôles), le logiciel permet d’extraire à tout moment le texte traduit, en conservant la mise en page du texte source, dans tous les formats possibles.

Voici une capture d’écran d’un de ces logiciels :

Ca ressemble à la matrice, non ?

Je plaisante, bien sûr (de plus en plus drôles, ces traducteurs).

Non, les logiciels de TAO sont bien plus basiques (m’enfin pas trop non plus).

Le plus utilisé d’entre eux aujourd’hui est certainement SDL, même s’il boude les systèmes Mac (il n’aime que Windows) et son prix plutôt élevé. Mais il en existe une multitude d’autres, pour tous les goûts et à des prix plus abordables : DéjàVu, Wordfast, MemoQ, etc.

« Oui, donc encore un gadget… »

La traduction, ça n’est pas simple. Elle peut être très complexe, et chronophage, s’il s’agit de textes juridiques (un contrat de licence de protection intellectuelle), techniques (le manuel d’utilisation d’un système de remplissage pneumatique) ou dans un domaine qui n’est pas celui du traducteur. Il peut aussi s’agir d’articles de blog sur un sujet qui nous est familier, ou bien de courriers sans grande recherche lexicale.

Dans ces deux derniers cas, on peut effectivement se passer de logiciel. Certains traducteurs n’en utilisent jamais, ou préfèrent travailler sans, donc cela tombe plutôt bien. Un bon dictionnaire, un bon Bescherelle dans la langue cible (parfois même source), et une bonne connexion internet pour faire des recherches sur le sujet du texte source peuvent tout à faire suffire !

D’autant que l’inconvénient number one du logiciel, c’est…son prix !

$____$

S’il existe certains outils gratuits, comme Oméga T ou Memsource, d’autres sont payants, et c’est le cas de la majorité des outils populaires sur le marché. Lorsque c’est le cas, les prix sont plus ou moins élevés (jusqu’à 1000€), mais ils peuvent dans tous les cas être rédhibitoires pour l’indépendant qui débute, en complémentaire, ou le traducteur amateur…

En outre, il ne faut pas oublier que le prix n’est pas complètement injustifié : les logiciels de TAO offrent toute une panoplie d’outils et d’options diverses et variées. Mais encore faut-il pouvoir les utiliser ! Il faut donc compter la formation qui va avec (que l’on paie aussi, en temps ou en argent).

Parfois un gadget, mais souvent une nécessité !

Malgré son prix, et son apparente complexité, le logiciel de TAO est souvent une nécessité.

D’abord au sens propre, puisque les agences de traduction, ou certains clients, l’exigent ! Parce qu’ils travaillent avec un certain type de format, parce qu’ils exigent une mise en page strictement identique à celle du texte source, parce qu’ils souhaitent que l’on utilise une certaine mémoire ou un glossaire particulier…les raisons sont variées, mais souvent justifiées.

Ensuite parce que c’est un outil à notre disposition, qu’il serait bête de ne pas utiliser, ou au moins de ne pas tester, parce que notre métier nous oblige à développer et satisfaire notre curiosité 😉

C’est vrai, il n’est pas facile de l’adopter. Le logiciel est souvent technique, et nécessite une certaine aisance dans le domaine de l’informatique. Pour ne rien arranger, il communique dans un langage étrange qu’on ne comprend pas toujours (le comble pour un traducteur !).

Voulez-vous exporter le package retour de traduction ?

Oups, la mémoire de traduction ne peut être importée qu’en .tmx

Oups, excuse my tmx !

Ceci dit, il faut bien reconnaître qu’on s’y fait très vite…et que l’essayer, c’est l’adopter !

Une fois que les réflexes sont en place, il suffit d’insérer le texte source, de le traduire en utilisant les propositions (ou de vérifier le texte déjà traduit), de bien sauvegarder les notions nouvelles que l’on souhaiterait réutiliser par la suite, etc.

Attention, cela n’est pas un logiciel qui permet au traducteur de devenir un fainéant ! Au contraire, il permet d’accroître la productivité, en gagnant beaucoup de temps, et il permet de mieux gérer les projets simultanés…

Au final, même si le texte est très court, très simple, ou dans un domaine que je connais, je finis toujours par utiliser le logiciel…(ok, j’avoue.) Ma mémoire de traduction apprend de nouveaux segments, la base terminologique se nourrit de mes nouveaux mots, je sais que s’ils reviennent, elle saura les traduire plus rapidement.

Effectivement, ce sont des outils chers, qui nécessitent un investissement. Mais pourquoi ne pas commencer par un outil gratuit, comme Oméga T ? S’il est assez simpliste, il est quand même pratique ! Et il fonctionne dans la même logique que ses grands frères payants; c’est bien pour s’y habituer. Je ne connais pas personnellement Memsource, mais je suppose qu’il fonctionne sur le même principe.

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Une envie de jus d’orange ? Prenez un shot de grammaire, plutôt.

C’est bientôt l’hiver, on va manquer de vitamines ! Vite, quelques oranges à jus, j’en donne quelques unes à ma copine Charlotte, et hop, un super jus d’orange. L’histoire finit bien, elles se sont pressé un super jus d’orange. Elles se sont pressée. Pressées. Pressés. Et zut.

Elles se sont pressé un jus d’orange, ou elles se sont pressées un jus d’orange ?

Quelle bonne question.

Vous pensez que ça n’a aucune importance ? Vous n’aimez pas le jus d’orange de toute façon ?

Ok, alors voilà l’histoire. Voyez-vous, la semaine passée, je pensais savoir écrire que des gouvernements se suivaient les uns après les autres, au fil des élections. Je pensais savoir écrire que les « gouvernements se sont succédé pendant des années ». Vous aussi vous mettriez un S à la fin ? Alors prenez 5 minutes pour lire la suite.

La règle

Comme toujours en cas de doute, je ressors mon meilleur ami le Bescherelle Grammaire. Je lui demande conseil. Je lui raconte ma journée. Je lui confesse mes fautes (humour de linguiste).

Voilà sa sainte parole :

Si le pronom réfléchi est COD, le participe passé s’accorde avec ce COD  : « Elle s’est soignée avec des plantes ». 

Si le pronom réfléchi est COI, le participe passé ne s’accorde pas avec ce pronom : « Elles se sont accordé deux mois de vacances »

Etape 1 : trouver la fonction du pronom réfléchi

Pour faire simple, il faut s’interroger sur la fonction du pronom réfléchi « se » :

  • La fonction = COD 

Elle s’est soignée avec des plantes = QUI s’est soigné ? = Elle.

=COD

  • La fonction = COI

Elles se sont accordé deux mois de vacances = A QUI se sont-elles accordé ? = A elles.

=COI

Etape 2 : accorder selon les cas

COD  = on accorde

COI = on n’accorde PAS

Qu’en est-il pour nos oranges ?

= Elles se sont pressé(e-s) un jus d’orange  = A qui ont-elles pressé ce fameux jus d’orange ? = COI

= Elles se sont pressé un jus d’orange.

Attention ! Si le pronom n’a pas de fonction (ça arrive, jugez pas), s’il n’est ni COI ni COD, alors le participe s’accorde avec le sujet. Mais bon, c’est un peu différent, on y reviendra.

Morale de l’histoire : le jus d’orange, c’est bon pour la santé, et la grammaire.
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