Localisation ou traduction : quelle différence ?

localisation traduction différenceOn en entend parler de plus en plus, et pourtant il est parfois difficile de les différencier tant les deux notions sont proches ! Ne confondez plus : voici une présentation de ces deux techniques complémentaires…

Traduction : d’une langue à l’autre

On connaît tous la définition de la traduction : il s’agit de transposer un contenu d’une langue A à une langue B. C’est un procédé qui existe depuis la nuit des temps !

Bien entendu, la réalité est plus complexe. La transposition doit transmettre toutes les nuances souhaitées par l’auteur. L’objectif consiste à permettre au lecteur étranger de prendre connaissance du texte d’origine dans sa propre langue, comme s’il lisait l’auteur d’origine !

La traduction est un procédé linguistique utilisé dans des domaines multiples, du marketing au juridique, en passant par l’économie et le tourisme.

localisation traduction français

Localisation : d’une culture à l’autre

La localisation est un concept plus récent que la traduction. Il s’agit toujours de transposer un contenu dans une langue déterminée, bien sûr, car la localisation ne saurait exister sans la traduction !

On y ajoute cependant une difficulté : il faut l’adapter à la culture de la personne qui en est destinataire.

Autrement dit, il s’agit de traduire, tout en intégrant une dimension culturelle très importante. Le but étant bien sûr de pouvoir :

  • Etre compris par le destinataire (dans sa langue)
  • Etre intégré par le destinataire comme étant un contenu rédigé dès l’origine dans sa propre langue : il doit lui apporter les nuances et les précisions contextuelles qu’il trouverait dans sa langue
  • Bonus : la localisation d’un contenu rédigé pour le web permet en plus certains avantages relatifs au référencement naturel…

localisation traduction web

Un exemple concret de localisation : votre boutique en ligne

Vous disposez d’un contenu pour votre boutique en ligne. Jusqu’ici, vous vendiez des produits destinés à un public anglophone situé au Royaume-Uni. Vous souhaitez étendre votre activité à un autre pays, par exemple la France, et son public francophone.

Bien sûr, il va falloir faire traduire ce contenu en français : le titre du produit, la description détaillée, ses caractéristiques, etc. Ainsi, il pourra être compris par votre marché-cible francophone. Néanmoins, certains éléments ne pourront être appréhendés convenablement s’ils ne sont que traduits. C’est le cas par exemple :

  • des dimensions, si le système métrique n’est pas adapté au système français (en mètre, en centimètre, en litre, en gramme, etc.)
  • du vocabulaire général ou technique
  • des devises utilisées (en livre sterling ou en euro !)
  • Etc.

La localisation dans un sens plus large consiste également à adapter un contenu de manière technique notamment. Il peut s’agir de choisir une plateforme de diffusion plus populaire dans une autre zone géographique : certains réseaux sociaux sont plus utilisés dans une certaine partie du monde, certains moyens de paiement sont privilégiés par rapport à d’autres dans certains pays européens, etc.

Vous le voyez, la localisation est donc très différente de la traduction ! C’est pourtant un procédé linguistique de plus en plus utilisé aujourd’hui, avec le développement du web – et notamment du web marketing…

Localisation et référencement naturel : le combo gagnant

Les amateurs de SEO (system engine optimization, ou référencement naturel) le savent bien : pour plaire aux moteurs de recherche et optimiser la visibilité de son site internet, il faut se plier aux règles de base du SEO.

localisation traduction seo

Parmi un millier de critères différents, il est très important de ne pas utiliser de contenu traduit par un système de traduction automatique, sans le localiser ! Ce contenu présente deux risques pour la visibilité de votre site web :

  • vos futurs clients (en France, si l’on reprend notre exemple) risquent de ne pas vous trouver en cherchant les mots-clés qui les intéressent. La machine de traduction risque de traduire littéralement des mots, sans vérifier leur pertinence et leur cohérence. Les mots-clés doivent eux aussi parfois être localisés.
  • les moteurs de recherche n’apprécient pas le contenu traduit automatiquement, car il est potentiellement disponible à un autre endroit du web.

Enfin, n’oubliez pas qu’écrire pour le web, ce n’est pas seulement écrire pour Google, mais bien pour votre public ! Ils apprécieront d’autant plus un texte écrit pour eux, dans leur langue, et faisant référence à leur propre culture. Ils trouveront plus facilement votre site grâce à leurs mots-clés, et ils passeront davantage de temps à lire vos contenus. C’est encore la meilleure technique d’optimisation  !

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Traducteur, interprète, post-éditeur…qui fait quoi ?

On a tous un « ami traducteur ». Oui, cet ami, qui « traduit » du guatémaltèque vers le suédois lors de conférences internationales. Ou cet ami, qui « traduit » des livres pour enfants, mais lui il travaille depuis chez lui (la chance !). Ou encore cet ami, là, qui « traduit » des quantités astronomiques de contenu web, à raison de 5000/6000 mots par jour…

En réalité, ces trois métiers n’ont rien à voir.

D’abord, il y eut l’interprète…

La mission

Historiquement, je suppose que la première profession créée fut l’interprète, bien avant le traducteur. Tout simplement parce qu’on a d’abord eu besoin de se comprendre à l’oral, avant de se comprendre à l’écrit (l’écriture n’étant apparue qu’il y 6000 ans, si vous vous rappelez encore de vos cours d’histoire :-)).

Le boulot de l’interprète, c’est justement ça : écouter un contenu dans une langue A (disons, le guatémaltèque), et le retransmettre dans un langue B, plus ou moins spontanément.

C’est donc une profession orale, qui nécessite une réflexion intense et une capacité de mémorisation impressionnante. Clairement, il ne suffit pas de « parler » deux langues différentes.

Les professionnels de l’interprétariat sont longuement formés, dans des écoles spécialisées, et pratiquent cet art au quotidien.

Un métier à différentes facettes

Il existe trois catégories d’interprètes, très différentes les unes des autres :

  • L’interprétation consécutive : l’interprète écoute un  discours pendant quelques minutes. Puis l’orateur s’arrête, et l’interprète retransmet le discours prononcé dans l’autre langue. Cela nécessite souvent une bonne prise de notes pour ne rien oublier !
  • L’interprétation simultanée (souvent en conférence) : l’interprétation a lieu en même temps que le discours prononcé par l’orateur. L’interprète est souvent installé dans une cabine insonorisée, et communique dans un micro à destination de personnes dotées d’un casque adapté dans la salle. Elles peuvent ainsi suivre le discours dès l’instant où il est prononcé dans la langue d’origine. Le top du top.
  • Le chuchotage : c’est un type d’interprétation simultanée, car l’interprète retransmet le discours en même temps qu’il est prononcé. Pas de cabine, ni de casque en intermédiaire : l’interprète « chuchote » directement à l’oreille de la personne réceptrice du message (le plus souvent une personnalité haut placée, disons par exemple, un chef d’état :-)).

Intéressé par ce domaine ? Vous trouverez ici les conditions d’accès à ce fabuleux métier !

Puis vint le traducteur…

La mission

Le boulot du traducteur : transposer un document écrit (tout type de document, de la recette de cuisine au dernier prix Goncourt, en passant par le contrat juridique) d’une langue A vers une langue B.

Le traducteur est donc un métier qui se pratique à la maison, ou assis à un bureau. Il n’a en principe besoin que d’un ordinateur, d’un bon dictionnaire bilingue et de plusieurs Bescherelles pour exercer sa profession (c’est déjà pas mal !). Il utilise parfois les services d’un logiciel de traduction assistée par ordinateur (TAO), dont nous avons déjà parlé.

Littérature ou business ?

Quand on pense à « traducteur », on pense en premier lieu à un traducteur littéraire. Plongé dans les derniers best-sellers de la littérature étrangère, il a le privilège de les traduire pour le plaisir du grand public.

La réalité : les traducteurs littéraires sont des « élus », une poignée de professionnels (très chanceux :-)) dans le monde de l’édition. La plupart des traducteurs préfèrent se reporter sur d’autres secteurs.

Ils sont souvent à leur compte, mais cela n’est pas une généralité. Il existe aussi des traducteurs salariés dans des agences de communication, de traduction, ou encore dans des administrations publiques (là encore, des chanceux !).

Pour percer dans le métier, il vaut parfois mieux se spécialiser dans des secteurs de pointe, par exemple, dans le médical, le juridique, ou encore le marketing. Tout est possible !

Intéressé par ces missions ? Vous trouverez ici les conditions d’accès à ce fabuleux métier !

Et enfin, plus récemment, le post-éditeur…

Le post-éditeur est apparu bien plus récemment, et pour cause : sa profession ne repose que sur l’existence d’une machine de traduction.

La mission

traducteur langue

Le post-éditeur est un type de traducteur très particulier : il est chargé de reprendre le texte pré-mâché, ou plutôt pré-traduit par une machine, pour l’embellir et le polir jusqu’à ce qu’il puisse passer

pour un texte traduit par une personne.

Sa tâche emprunte beaucoup à celle du réviseur, puisqu’il a pour mission de revoir un contenu déjà traduit (avec plus ou moins de réussite).

L’avenir du traducteur ?

La post-édition  révolutionne aujourd’hui le marché de la traduction, c’est certain. Quand à savoir si elle remplacera un jour le métier de traducteur (humain, je veux dire), c’est plus difficile à dire.

Le but premier de la post-édition, c’est de traduire plus rapidement des énormes (je dis bien ENORMES) volumes de mots, à un prix moins élevé. Evidemment, pour que cela soit efficace, le contenu doit également avoir un vocabulaire plus limité, nécessitant un capacité d’analyse moins importante.

C’est typiquement le cas du contenu des sites de commerce en ligne. Ces entreprises ont un besoin croissant de traduire des volumes pharaoniques de descriptions de produits, dans le plus grand nombre de langue possible, pour toucher un maximum de client. Ces descriptions ne sont ni complexes, ni élaborées : elles doivent seulement être exactes (pour éviter les poursuites – vice de conformité), répondre aux exigences locales du consommateur final (c’est la localisation), et être compréhensible par le client.

Sacré challenge, dont on reparlera bientôt, puisque c’est une tâche qui m’occupe beaucoup en ce moment 🙂

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Logiciel de traduction : gadget ou nécessité ?

Aujourd’hui, un petit point sur le logiciel de traduction, ou de Traduction Assistée par Ordinateur (TAO), pour les connaisseurs. Certains traducteurs utilisent des logiciels pour faciliter leur recherche terminologique, ou pour gagner du temps. Ces logiciels sont-ils vraiment utiles ? Ou sont-ils seulement un gadget hors de prix ?

Logiciel de traduction : quésaco ?

Je précise peut-être déjà à ce stade qu’un logiciel de traduction n’est PAS un outil de type Google Trad...il ne s’agit pas d’entrer un texte, et d’attendre qu’il en sorte « traduit » (toute personne ayant déjà essayé l’outil comprend pourquoi je mets des guillemets).

On parle ici des logiciels dits de TAO (traduction assistée par ordinateur), du plus simple au plus complexe, du gratuit au payant (voire très très payant $$$). Ces logiciels sont des systèmes multi-tâches, qui permettent notamment de transformer le texte source en un amas de segments (=phrases), d’aider à la traduction en proposant des termes  issus d’une mémoire préalablement enregistrée, de retenir chaque terme nouvellement traduit en vue d’une prochaine traduction similaire et vérifier simultanément l’orthographe et la syntaxe du texte traduit.

Et cerise sur le gâTAO (les traducteurs sont des gens très drôles), le logiciel permet d’extraire à tout moment le texte traduit, en conservant la mise en page du texte source, dans tous les formats possibles.

Voici une capture d’écran d’un de ces logiciels :

Ca ressemble à la matrice, non ?

Je plaisante, bien sûr (de plus en plus drôles, ces traducteurs).

Non, les logiciels de TAO sont bien plus basiques (m’enfin pas trop non plus).

Le plus utilisé d’entre eux aujourd’hui est certainement SDL, même s’il boude les systèmes Mac (il n’aime que Windows) et son prix plutôt élevé. Mais il en existe une multitude d’autres, pour tous les goûts et à des prix plus abordables : DéjàVu, Wordfast, MemoQ, etc.

« Oui, donc encore un gadget… »

La traduction, ça n’est pas simple. Elle peut être très complexe, et chronophage, s’il s’agit de textes juridiques (un contrat de licence de protection intellectuelle), techniques (le manuel d’utilisation d’un système de remplissage pneumatique) ou dans un domaine qui n’est pas celui du traducteur. Il peut aussi s’agir d’articles de blog sur un sujet qui nous est familier, ou bien de courriers sans grande recherche lexicale.

Dans ces deux derniers cas, on peut effectivement se passer de logiciel. Certains traducteurs n’en utilisent jamais, ou préfèrent travailler sans, donc cela tombe plutôt bien. Un bon dictionnaire, un bon Bescherelle dans la langue cible (parfois même source), et une bonne connexion internet pour faire des recherches sur le sujet du texte source peuvent tout à faire suffire !

D’autant que l’inconvénient number one du logiciel, c’est…son prix !

$____$

S’il existe certains outils gratuits, comme Oméga T ou Memsource, d’autres sont payants, et c’est le cas de la majorité des outils populaires sur le marché. Lorsque c’est le cas, les prix sont plus ou moins élevés (jusqu’à 1000€), mais ils peuvent dans tous les cas être rédhibitoires pour l’indépendant qui débute, en complémentaire, ou le traducteur amateur…

En outre, il ne faut pas oublier que le prix n’est pas complètement injustifié : les logiciels de TAO offrent toute une panoplie d’outils et d’options diverses et variées. Mais encore faut-il pouvoir les utiliser ! Il faut donc compter la formation qui va avec (que l’on paie aussi, en temps ou en argent).

Parfois un gadget, mais souvent une nécessité !

Malgré son prix, et son apparente complexité, le logiciel de TAO est souvent une nécessité.

D’abord au sens propre, puisque les agences de traduction, ou certains clients, l’exigent ! Parce qu’ils travaillent avec un certain type de format, parce qu’ils exigent une mise en page strictement identique à celle du texte source, parce qu’ils souhaitent que l’on utilise une certaine mémoire ou un glossaire particulier…les raisons sont variées, mais souvent justifiées.

Ensuite parce que c’est un outil à notre disposition, qu’il serait bête de ne pas utiliser, ou au moins de ne pas tester, parce que notre métier nous oblige à développer et satisfaire notre curiosité 😉

C’est vrai, il n’est pas facile de l’adopter. Le logiciel est souvent technique, et nécessite une certaine aisance dans le domaine de l’informatique. Pour ne rien arranger, il communique dans un langage étrange qu’on ne comprend pas toujours (le comble pour un traducteur !).

Voulez-vous exporter le package retour de traduction ?

Oups, la mémoire de traduction ne peut être importée qu’en .tmx

Oups, excuse my tmx !

Ceci dit, il faut bien reconnaître qu’on s’y fait très vite…et que l’essayer, c’est l’adopter !

Une fois que les réflexes sont en place, il suffit d’insérer le texte source, de le traduire en utilisant les propositions (ou de vérifier le texte déjà traduit), de bien sauvegarder les notions nouvelles que l’on souhaiterait réutiliser par la suite, etc.

Attention, cela n’est pas un logiciel qui permet au traducteur de devenir un fainéant ! Au contraire, il permet d’accroître la productivité, en gagnant beaucoup de temps, et il permet de mieux gérer les projets simultanés…

Au final, même si le texte est très court, très simple, ou dans un domaine que je connais, je finis toujours par utiliser le logiciel…(ok, j’avoue.) Ma mémoire de traduction apprend de nouveaux segments, la base terminologique se nourrit de mes nouveaux mots, je sais que s’ils reviennent, elle saura les traduire plus rapidement.

Effectivement, ce sont des outils chers, qui nécessitent un investissement. Mais pourquoi ne pas commencer par un outil gratuit, comme Oméga T ? S’il est assez simpliste, il est quand même pratique ! Et il fonctionne dans la même logique que ses grands frères payants; c’est bien pour s’y habituer. Je ne connais pas personnellement Memsource, mais je suppose qu’il fonctionne sur le même principe.

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Parlez-vous le proto-germanique?

Le proto-germanique, petit cousin du proto-indo-européen

Nous avons vu dans un article précédent l’évolution du « P.I.E » (proto-indo-européen) en différentes branches de l’indo-européen. Parmi ces branches : la branche germanique.

En 750-300 avant Jésus Christ, on parlait dans certaines régions européennes le « proto-germanique », une langue issue du P.I.E. Comme le P.I.E., il n’existe pas de trace de cette langue : on suppose encore une fois son existence, après une comparaison poussée des différentes langues qui en seraient issues.

Illustration des similarités entre les langues germaniques actuelles

La branche germanique du proto-indo-européen aurait par la suite donné lieu à trois nouvelles branches germaniques :

La branche orientale

Cette branche comprend le burgonde, le vandale, et le gothique, mais elle est désormais éteinte, car plus aucune n’est parlée aujourd’hui. Seul le gothique est parvenu jusqu’à nous, par des traces écrites, comme la traduction de la Bible par l’évêque Wufila au IVème siècle après Jésus Christ.

La branche septentrionale

Cette branche est représentée par les langues parlées en Scandinavie (danois, norvégien, suédois) ou aux alentours (islandais, féroïen).

Attention ! Le finnois n’est pas une langue germanique, ni même une langue indo-européenne, mais une langue ouralienne.

La branche occidentale

C’est évidemment la branche la plus grande de toutes, puisqu’elle inclut l’anglais, l’allemand, le néerlandais, le luxembourgeois, le frison (parlé au nord des Pays-Bas), l’afrikaans (parlé en Afrique du Sud), ou encore le yiddish.

Linguistique et géopolitique

Ce qui est intéressant en linguistique, c’est de comparer l’évolution des langues avec celles des peuples qui les parlent. C’est comme ça qu’on remarque que :

  • L’anglais est principalement issu des langues parlées par les Angles et les Saxons, qui ont envahi la Grande-Bretagne vers le Vème siècle après Jésus Christ, avec l’aide des Frisons (un peuple du nord des Pays-Bas), qui se sont notamment établis dans la région du Kent. Ceci explique la proximité étonnante de l’anglais avec une langue méconnue, le frison, qui est toujours parlé dans la région néerlandaise de la Frise (Friesland)…
  • L’afrikaans est une langue parlée en Afrique du Sud et en Namibie mais est pourtant bien une langue germanique, importée par les colons néerlandais au XVIIème siècle. Après des années passées loin de leur terre natale, les néerlandophones ont vu leur langue évoluer et se transformer, en l’afrikaans actuel. Si les deux langues partagent encore une construction et un vocabulaire très proche, la prononciation et de nombreux mots ont considérablement évolués, au point que deux locuteurs de l’une et l’autre ne se comprennent quasiment pas…Exemple ci-contre : le mot « hippopotames » se traduit en afrikaans par « seekoeie », soit… »vaches de mer »! On suppose évidemment que ces animaux étant inconnus en Europe au XVIIème siècle, il a fallu pallier cette difficulté en inventant un nouveau mot, pour le moins très imagé.
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Parlez-vous l’indo-européen?

Savez-vous quel est le point commun entre l’anglais, le persan, le latin, le breton, ou le russe ? 

Oui. Ce sont des langues. Mais pas n’importe lesquelles !

Ces langues (parmi d’autres) auraient la particularité d’être issues d’une seule et même langue. Cette langue, le proto-indo-européen, aurait été parlée il y a plus de 4000 ans par nos ancêtres préhistoriques, les indo-européens.

Cette langue commune n’est évidemment plus parlée aujourd’hui, et nous n’en avons conservé aucune trace, pas même écrite. Comment sait-on alors qu’elle a existé, et qu’elle donné naissance à nos langues actuelles européennes ?

Cette théorie nous indique qu’elle se serait transformée en d’autres langues. L’étude des langues, de leur grammaire, leur prononciation et leurs mots, nous permet de constater des ressemblances, et de classer ces langues en différentes familles de langue : c’est le principe même de la linguistique !

Prenons par exemple le mot « mère », qui existe dans toutes ces langues indo-européennes.

Je n’ai pas listé toutes les langues indo-européennes dans cet échantillon ; mais ces 10 langues suffisent pour se rendre compte des vraies similitudes existant entre les langues. Le mot « mère » pris en example, peut très facilement être remplacé par d’autres mots, la ressemblance reste présente.

Suite à cet exercice de comparaison et de classement réalisé par les linguistes, on a pu dresser une liste des langues, et une chronologie de leur évolution.

Illustration de Minna Sundberg – http://www.sssscomic.com/comic.php?page=196

Cette étude nous permet de noter que le proto-indo-européen aurait donné naissance à d’autres langues, bien au delà des langues européennes : c’est le cas du persan parlé en Iran, des langues parlées en Inde, comme le sanskrit, etc.

Je reviendrai un peu plus tard sur la branche qui nous intéresse : la branche germanique, et les langues issues du proto-germanique, une langue ancienne parlée entre 750 et 300 avant Jésus Christ, et qui aurait donné naissance à toutes les langues scandinaves et germaniques actuelles.

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Maîtrisez-vous la langue du bureau?

L’écosystème du bureau (ou de l’open space) est un milieu naturel hors du commun, avec ses propres spécimens, ses propres us et coutumes…et sa propre langue.

Que vous soyez commercial, profession libérale, comptable, secrétaire, assistant, vous savez sûrement tous de quoi je veux parler 😉

En général, il s’agit surtout d’anglicismes, ou de mot-valises, créées à partir d’un mot existant, ou dérivés d’autres langues.

Mais vous, parlez-vous cette langue?

Voici une petite liste de mots, qui pourraient vous être utile dans la jungle de l’open space…si vous ne les connaissez pas déjà ! Il s’agit de mots que je prononçais au quotidien quand je travaillais dans un cabinet international, mais que j’entends toujours très régulièrement autour de moi !

N’hésitez pas à partager les vôtres 🙂

Photo by Pete Souza

Désolé, je dois te laisser, j’ai un(e) conf’ call à 14h.

Call, ou conf’ call = conference call = rendez-vous téléphonique, ou rendez-vous téléphonique avec plusieurs interlocuteurs, parfois originaires des quatre coins du monde !

Je comprends pas, Paul est OoO

OoO à l’écrit = Out of Office à l’oral = absent du bureau.

En cas de congés, ou d’absence, il est de bon ton de laisser un « out of office » sur sa boîte électronique, donc un message d’absence indiquant la durée et les personnes à contacter durant l’absence.

Le client a challengé notre propale durant le meeting !

Ok, là, ça se complique…

Challenger = littéralement mettre au défi signifie ici contester, dans le but d’ouvrir une négociation ou d’obtenir une contre-offre. Le client souhaite donc peut-être faire baisser un prix, ou contester un élément de la…

Propale = proposition, offre = mot-valise, contraction de « proposition commerciale »

Meeting = réunion, celle-ci est plutôt facile. En général, le mot est précédé de l’objet de la réunion : exemple : Kick-off Meeting, pour lancer un projet.

Avez-vous accès à la dataroom pour votre reporting?

Dataroom = littéralement chambre de données, dans laquelle on va déposer une grande quantité de fichier à analyser. Concrètement, c’est un énorme drive (I see what you did there ;)), permettant de transférer des fichiers lourds, ou de simplement les partager à un autre utilisateur.  Parfois, elle peut être physique, et dans ce cas…ca ressemble surtout à une bibliothèque !

Reporting = compte-rendu, le plus souvent chiffré dans un fichier excel, offrant une vision globale d’une situation donnée.

Pouvez-vous me faire un feedback ASAP sur la slide 3?

Pouvez-vous me faire un retour le plus vite possible?

ASAP = As Soon As Possible = très très très vite 🙂

Slide = Diapositive, pour parler d’une page de présentation PowerPoint.

En vue du deal, pourrais-tu me préparer un draft de contrat?

Deal = accord

Draft =  « ébauche » ou « brouillon ». Tout de suite plus chic.

Pfff, tout ça, c’est tellement corporate !

Etre corporate n’a pas d’équivalent en français à ma connaissance. C’est souvent un mot péjoratif, utilisé pour dire que quelqu’un, ou quelque chose, est trop attaché à l’entreprise. Employé dans ce contexte pour une personne, le mot lui confère une sale de réputation de « lèche-bottes »…

Ces mots vous sont-ils étrangers ? En connaissez-vous d’autres ?
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