Logiciel de traduction : gadget ou nécessité ?

Aujourd’hui, un petit point sur le logiciel de traduction, ou de Traduction Assistée par Ordinateur (TAO), pour les connaisseurs. Certains traducteurs utilisent des logiciels pour faciliter leur recherche terminologique, ou pour gagner du temps. Ces logiciels sont-ils vraiment utiles ? Ou sont-ils seulement un gadget hors de prix ?

Logiciel de traduction : quésaco ?

Je précise peut-être déjà à ce stade qu’un logiciel de traduction n’est PAS un outil de type Google Trad...il ne s’agit pas d’entrer un texte, et d’attendre qu’il en sorte « traduit » (toute personne ayant déjà essayé l’outil comprend pourquoi je mets des guillemets).

On parle ici des logiciels dits de TAO (traduction assistée par ordinateur), du plus simple au plus complexe, du gratuit au payant (voire très très payant $$$). Ces logiciels sont des systèmes multi-tâches, qui permettent notamment de transformer le texte source en un amas de segments (=phrases), d’aider à la traduction en proposant des termes  issus d’une mémoire préalablement enregistrée, de retenir chaque terme nouvellement traduit en vue d’une prochaine traduction similaire et vérifier simultanément l’orthographe et la syntaxe du texte traduit.

Et cerise sur le gâTAO (les traducteurs sont des gens très drôles), le logiciel permet d’extraire à tout moment le texte traduit, en conservant la mise en page du texte source, dans tous les formats possibles.

Voici une capture d’écran d’un de ces logiciels :

Ca ressemble à la matrice, non ?

Je plaisante, bien sûr (de plus en plus drôles, ces traducteurs).

Non, les logiciels de TAO sont bien plus basiques (m’enfin pas trop non plus).

Le plus utilisé d’entre eux aujourd’hui est certainement SDL, même s’il boude les systèmes Mac (il n’aime que Windows) et son prix plutôt élevé. Mais il en existe une multitude d’autres, pour tous les goûts et à des prix plus abordables : DéjàVu, Wordfast, MemoQ, etc.

« Oui, donc encore un gadget… »

La traduction, ça n’est pas simple. Elle peut être très complexe, et chronophage, s’il s’agit de textes juridiques (un contrat de licence de protection intellectuelle), techniques (le manuel d’utilisation d’un système de remplissage pneumatique) ou dans un domaine qui n’est pas celui du traducteur. Il peut aussi s’agir d’articles de blog sur un sujet qui nous est familier, ou bien de courriers sans grande recherche lexicale.

Dans ces deux derniers cas, on peut effectivement se passer de logiciel. Certains traducteurs n’en utilisent jamais, ou préfèrent travailler sans, donc cela tombe plutôt bien. Un bon dictionnaire, un bon Bescherelle dans la langue cible (parfois même source), et une bonne connexion internet pour faire des recherches sur le sujet du texte source peuvent tout à faire suffire !

D’autant que l’inconvénient number one du logiciel, c’est…son prix !

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S’il existe certains outils gratuits, comme Oméga T ou Memsource, d’autres sont payants, et c’est le cas de la majorité des outils populaires sur le marché. Lorsque c’est le cas, les prix sont plus ou moins élevés (jusqu’à 1000€), mais ils peuvent dans tous les cas être rédhibitoires pour l’indépendant qui débute, en complémentaire, ou le traducteur amateur…

En outre, il ne faut pas oublier que le prix n’est pas complètement injustifié : les logiciels de TAO offrent toute une panoplie d’outils et d’options diverses et variées. Mais encore faut-il pouvoir les utiliser ! Il faut donc compter la formation qui va avec (que l’on paie aussi, en temps ou en argent).

Parfois un gadget, mais souvent une nécessité !

Malgré son prix, et son apparente complexité, le logiciel de TAO est souvent une nécessité.

D’abord au sens propre, puisque les agences de traduction, ou certains clients, l’exigent ! Parce qu’ils travaillent avec un certain type de format, parce qu’ils exigent une mise en page strictement identique à celle du texte source, parce qu’ils souhaitent que l’on utilise une certaine mémoire ou un glossaire particulier…les raisons sont variées, mais souvent justifiées.

Ensuite parce que c’est un outil à notre disposition, qu’il serait bête de ne pas utiliser, ou au moins de ne pas tester, parce que notre métier nous oblige à développer et satisfaire notre curiosité 😉

C’est vrai, il n’est pas facile de l’adopter. Le logiciel est souvent technique, et nécessite une certaine aisance dans le domaine de l’informatique. Pour ne rien arranger, il communique dans un langage étrange qu’on ne comprend pas toujours (le comble pour un traducteur !).

Voulez-vous exporter le package retour de traduction ?

Oups, la mémoire de traduction ne peut être importée qu’en .tmx

Oups, excuse my tmx !

Ceci dit, il faut bien reconnaître qu’on s’y fait très vite…et que l’essayer, c’est l’adopter !

Une fois que les réflexes sont en place, il suffit d’insérer le texte source, de le traduire en utilisant les propositions (ou de vérifier le texte déjà traduit), de bien sauvegarder les notions nouvelles que l’on souhaiterait réutiliser par la suite, etc.

Attention, cela n’est pas un logiciel qui permet au traducteur de devenir un fainéant ! Au contraire, il permet d’accroître la productivité, en gagnant beaucoup de temps, et il permet de mieux gérer les projets simultanés…

Au final, même si le texte est très court, très simple, ou dans un domaine que je connais, je finis toujours par utiliser le logiciel…(ok, j’avoue.) Ma mémoire de traduction apprend de nouveaux segments, la base terminologique se nourrit de mes nouveaux mots, je sais que s’ils reviennent, elle saura les traduire plus rapidement.

Effectivement, ce sont des outils chers, qui nécessitent un investissement. Mais pourquoi ne pas commencer par un outil gratuit, comme Oméga T ? S’il est assez simpliste, il est quand même pratique ! Et il fonctionne dans la même logique que ses grands frères payants; c’est bien pour s’y habituer. Je ne connais pas personnellement Memsource, mais je suppose qu’il fonctionne sur le même principe.

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Une réflexion au sujet de « Logiciel de traduction : gadget ou nécessité ? »

  1. […] Le traducteur est donc un métier qui se pratique à la maison, ou assis à un bureau. Il n’a en principe besoin que d’un ordinateur, d’un bon dictionnaire bilingue et de plusieurs Bescherelles pour exercer sa profession (c’est déjà pas mal !). Il utilise parfois les services d’un logiciel de traduction assistée par ordinateur (TAO), dont nous avons déjà parlé. […]

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