Traducteur, interprète, post-éditeur…qui fait quoi ?

On a tous un « ami traducteur ». Oui, cet ami, qui « traduit » du guatémaltèque vers le suédois lors de conférences internationales. Ou cet ami, qui « traduit » des livres pour enfants, mais lui il travaille depuis chez lui (la chance !). Ou encore cet ami, là, qui « traduit » des quantités astronomiques de contenu web, à raison de 5000/6000 mots par jour…

En réalité, ces trois métiers n’ont rien à voir.

D’abord, il y eut l’interprète…

La mission

Historiquement, je suppose que la première profession créée fut l’interprète, bien avant le traducteur. Tout simplement parce qu’on a d’abord eu besoin de se comprendre à l’oral, avant de se comprendre à l’écrit (l’écriture n’étant apparue qu’il y 6000 ans, si vous vous rappelez encore de vos cours d’histoire :-)).

Le boulot de l’interprète, c’est justement ça : écouter un contenu dans une langue A (disons, le guatémaltèque), et le retransmettre dans un langue B, plus ou moins spontanément.

C’est donc une profession orale, qui nécessite une réflexion intense et une capacité de mémorisation impressionnante. Clairement, il ne suffit pas de « parler » deux langues différentes.

Les professionnels de l’interprétariat sont longuement formés, dans des écoles spécialisées, et pratiquent cet art au quotidien.

Un métier à différentes facettes

Il existe trois catégories d’interprètes, très différentes les unes des autres :

  • L’interprétation consécutive : l’interprète écoute un  discours pendant quelques minutes. Puis l’orateur s’arrête, et l’interprète retransmet le discours prononcé dans l’autre langue. Cela nécessite souvent une bonne prise de notes pour ne rien oublier !
  • L’interprétation simultanée (souvent en conférence) : l’interprétation a lieu en même temps que le discours prononcé par l’orateur. L’interprète est souvent installé dans une cabine insonorisée, et communique dans un micro à destination de personnes dotées d’un casque adapté dans la salle. Elles peuvent ainsi suivre le discours dès l’instant où il est prononcé dans la langue d’origine. Le top du top.
  • Le chuchotage : c’est un type d’interprétation simultanée, car l’interprète retransmet le discours en même temps qu’il est prononcé. Pas de cabine, ni de casque en intermédiaire : l’interprète « chuchote » directement à l’oreille de la personne réceptrice du message (le plus souvent une personnalité haut placée, disons par exemple, un chef d’état :-)).

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Puis vint le traducteur…

La mission

Le boulot du traducteur : transposer un document écrit (tout type de document, de la recette de cuisine au dernier prix Goncourt, en passant par le contrat juridique) d’une langue A vers une langue B.

Le traducteur est donc un métier qui se pratique à la maison, ou assis à un bureau. Il n’a en principe besoin que d’un ordinateur, d’un bon dictionnaire bilingue et de plusieurs Bescherelles pour exercer sa profession (c’est déjà pas mal !). Il utilise parfois les services d’un logiciel de traduction assistée par ordinateur (TAO), dont nous avons déjà parlé.

Littérature ou business ?

Quand on pense à « traducteur », on pense en premier lieu à un traducteur littéraire. Plongé dans les derniers best-sellers de la littérature étrangère, il a le privilège de les traduire pour le plaisir du grand public.

La réalité : les traducteurs littéraires sont des « élus », une poignée de professionnels (très chanceux :-)) dans le monde de l’édition. La plupart des traducteurs préfèrent se reporter sur d’autres secteurs.

Ils sont souvent à leur compte, mais cela n’est pas une généralité. Il existe aussi des traducteurs salariés dans des agences de communication, de traduction, ou encore dans des administrations publiques (là encore, des chanceux !).

Pour percer dans le métier, il vaut parfois mieux se spécialiser dans des secteurs de pointe, par exemple, dans le médical, le juridique, ou encore le marketing. Tout est possible !

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Et enfin, plus récemment, le post-éditeur…

Le post-éditeur est apparu bien plus récemment, et pour cause : sa profession ne repose que sur l’existence d’une machine de traduction.

La mission

traducteur langue

Le post-éditeur est un type de traducteur très particulier : il est chargé de reprendre le texte pré-mâché, ou plutôt pré-traduit par une machine, pour l’embellir et le polir jusqu’à ce qu’il puisse passer

pour un texte traduit par une personne.

Sa tâche emprunte beaucoup à celle du réviseur, puisqu’il a pour mission de revoir un contenu déjà traduit (avec plus ou moins de réussite).

L’avenir du traducteur ?

La post-édition  révolutionne aujourd’hui le marché de la traduction, c’est certain. Quand à savoir si elle remplacera un jour le métier de traducteur (humain, je veux dire), c’est plus difficile à dire.

Le but premier de la post-édition, c’est de traduire plus rapidement des énormes (je dis bien ENORMES) volumes de mots, à un prix moins élevé. Evidemment, pour que cela soit efficace, le contenu doit également avoir un vocabulaire plus limité, nécessitant un capacité d’analyse moins importante.

C’est typiquement le cas du contenu des sites de commerce en ligne. Ces entreprises ont un besoin croissant de traduire des volumes pharaoniques de descriptions de produits, dans le plus grand nombre de langue possible, pour toucher un maximum de client. Ces descriptions ne sont ni complexes, ni élaborées : elles doivent seulement être exactes (pour éviter les poursuites – vice de conformité), répondre aux exigences locales du consommateur final (c’est la localisation), et être compréhensible par le client.

Sacré challenge, dont on reparlera bientôt, puisque c’est une tâche qui m’occupe beaucoup en ce moment 🙂

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