Une histoire de majuscule, avec un grand H

La majuscule est une lettre de grande taille (contrairement à la minuscule, forcément), permettant de marquer le premier mot d’une phrase, un nom propre, ou parfois d’accentuer un mot.

Facile. On sait tous ce qu’est une majuscule.

Ok, mais savez-vous toujours bien l’utiliser ? Comment faire la différence entre l’Histoire et l’histoire, les droits de l’homme ou les droits de l’Homme ? Faut-il mettre une majuscule au peuple français, à la langue française, ou tout simplement aux Français ?

La majuscule, une lettre avec un grand L

On pourrait s’étendre très longtemps sur l’histoire de la majuscule, en revenant aux origines, à l’époque où l’on écrivait QUE en majuscule, puis à celle où le papier coûtait trop cher pour se permettre une perte de place, et enfin à celle où il fallait quand même marquer le début de la phrase et les noms propres. Un petit résumé de cette histoire peut être consulté juste ici.

Bref, en français, la majuscule a deux buts essentiels : le premier, c’est de marquer le début de la phrase, après les points, les points d’exclamation et d’interrogation.

=> Je veux marquer le début de ma phrase !

=> Après un point-virgule, on ne met pas de majuscule ; la phrase n’est pas terminée.

Le second, c’est de marquer les noms propres : les prénoms, les noms de famille, les noms de ville, de pays, etc. Certains titres honorifiques en prennent, mais pas les noms de métier/fonction.

=> Mon avocat vit à Paris, il s’appelle Paul Durant

=> Le Roi n’est pas d’accord avec le Premier ministre, qui lui-même n’est pas d’accord avec le président de la République.

Celle-ci était plus dure…ministre étant une fonction, il ne prend pas de majuscule, mais Premier, oui, car il marque la spécificité de ce ministre. Le président est encore une fonction, donc il n’en prend pas non plus, mais la République en mérite bien une !

Attention, il arrive que des noms propres deviennent des noms communs, et perdent leur majuscule : c’est le cas lorsque vous mangez un camembert (c’est une ville à l’origine !), par exemple.

Le sixième sens

La majuscule a d’autres utilités, comme celui de donner du sens ou un contexte aux mots qu’elle débute.

C’est le cas lorsque l’on parle de l’Histoire avec un grand H. On parlera d’une histoire pour quelque chose qui se raconte sans déférence, une histoire drôle, une histoire du quotidien. On parlera en revanche d’un personnage entrant dans l’Histoire, celle que l’on se raconte avec admiration et respect, que l’on apprend à l’école et qui se transmet au cours du temps.

La différence est subtile ? Non, pas tant que ça !

Un exemple d’illustration très connu est celui du savant allemand :

=> un savant allemand : cette personne est d’abord savante, et on ajoute qu’elle a la nationalité allemande.

=> un savant Allemand : cette personne est d’abord allemande, et on ajoute qu’elle était savante, accessoirement.

Un autre exemple, plus politisé celui-là, est celui des droits de l’Homme : parler de droits de l’homme, c’est indiquer que seuls les personnes de genre masculin ont ces droits, tandis que les droits de l’Homme impliquent que c’est toute l’Humanité qui en dispose (on inclut donc…les femmes!). Afin d’éviter cette nuance, certaines organisations préfèrent utiliser la notion plus « inclusive » de droits humains. Mais c’est un autre débat

C’est d’ailleurs dans cette optique, par ce besoin de différencier les sens des mots et leur fonction dans la phrase que l’allemand et le luxembourgeois conservent cette particularité (pourtant contestée, comme on peut le lire dans cet article).

Les Français parlent le français avec leurs amis français

En français, la différence de sens ressort particulièrement lorsque l’on utilise des gentilés ou des adjectifs tirés d’un pays ou d’une langue.

Gentilés ?

Un gentilé est le nom que l’on utilise pour qualifier un habitant d’un ville, d’un pays ou d’une région : il sert à désigner l’origine de la personne.

=> une personne habitant Paris est un parisien : parisien est un gentilé.

On dira donc qu’un « navire anglais a accosté en France« , et que « son commandant parlait en allemand« , mais que « les Norvégiens qui étaient à bord ne le comprenaient pas ».

Pour faire simple :

  • le gentilé adjectif prend une minuscule : c’est un adjectif tiré du nom du pays, il n’a pas à prendre de majuscule. C’est ainsi que l’on écrit « un navire anglais« .
  • le nom de la langue parlée dans le pays prend aussi une minuscule. Le commandant parle donc bien allemand, sans majuscule.
  • EN REVANCHE, le gentilé nom (le nom du peuple) prend toujours une majuscule : c’est le cas de nos Norvégiens, qui sont ici un nom définissant des personnes.

Cette sombre histoire de majuscules constitue peut-être un détail pour beaucoup d’entre nous, mais pour d’autres, elle peut vouloir dire beaucoup. C’est le cas de nos voisins néerlandophones ou anglophones, qui ont tendance à préférer les majuscules aux minuscules, quitte à en mettre…partout.

Dans ces langues, il est d’usage de mettre une majuscule aux jours de la semaine, aux mois, aux gentilés, et surtout aux langues parlées. Là où un Français écrira « Je parle français », l’Anglais préfèrera « I speak English » et le Néerlandais « Ik spreek Engels ». Pas toujours facile de s’y retrouver entre les différentes langues !

 

BoN CouRaGe !

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Une réflexion au sujet de « Une histoire de majuscule, avec un grand H »

  1. Amen 🙂
    Pas toujours facile, surtout avec les langues et gentilés.
    Sinon pour ne plus jamais faire de fautes, devenons CAPSLOCK HOLMES!

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